samedi 3 avril 2010
Paul-Éric Blanrue, interrogé par le Réseau Voltaire, mai 2009 :
"Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Pour moi, tout éditeur, du moment qu’il est légal, qu’il fait correctement son travail de promotion et qu’il rémunère convenablement ses auteurs, est respectable. Comme je suis un homme nuancé et ouvert, ses idées politiques ou philosophiques ne m’intéressent pas, du moment qu’il me permet de publier ce que j’entends, sans me censurer. Vous connaissez l’adage : « publish or perish »… Un auteur n’existe qu’à travers son travail publié, lu, assimilé et commenté par d’autres. L’éditeur « tradi » auquel vous faites allusion m’a ainsi permis, il y a bien longtemps, d’éditer mes découvertes étonnantes sur le comte de Chambord (fruit d’un mémoire universitaire en histoire), ce que d’autres maisons plus classiques avaient refusé de faire pour des motifs idéologiques. Il a en revanche été incapable, à son tour pour des raisons idéologiques, de publier mes conclusions sur l’histoire du suaire de Turin, qui m’a donc été édité, d’abord, par une maison communiste en coédition avec des cathos de gauche, puis, dans une autre version, par une maison du groupe Flammarion, Pygmalion. Mon livre d’anthologie sur les propos contre les juifs a été publié, lui, par un éditeur connu pour ses collections érotiques… Mon opus sur Kerviel est paru dans une maison spécialisée dans le rock, ce qui ne m’a pas empêché d’annoncer le crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » du Monde ! Bref, toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Je trouve tout cela amusant. On a tendance à me ranger dans la catégorie des « inclassables », à quoi je dis préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet, précisément, aucune sorte de « rangement ». Bref, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, c’est-à-dire en fonction de leurs propres normes idéologiques, et non des miennes. Maintenant, vous voyez, je suis contraint d’aller faire éditer en Belgique un livre qui traite de la politique française… Je suis le « Juif errant » de l’édition ! Ce n’est pas par hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, qui est aussi la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés. Quant à mes sujets de prédilection, malgré une évolution de surface, ils ont tous un point commun : la traque des mystifications, des mensonges, des erreurs de tous ordres, abondamment diffusées dans le grand public. La véritable histoire est toujours à chercher sous le vernis de la propagande, je ne vous apprends rien. Je ne cesse donc de m’intéresser aux impostures, quelles qu’elles soient, historiques, scientifiques, politiques, idéologiques, religieuses. Pourquoi ? Parce nous vivons dedans ! Nous naissons et mourons entourés de vessies que nous ne cessons de prendre pour des lanternes. Certaines impostures sont innocentes, d’autres moins, parce qu’elles orientent nos vies et celles de nos contemporains. Avec le temps, je me suis concentré sur les affaires qui me paraissent les plus graves. Tout au long de mon existence, j’ai tenté de situer ma démarche dans les pas des Lumières : Voltaire, Diderot, d’Holbach (et le grand Casanova ! ) ont été capables d’écrire sur tous les sujets, petits ou grands, religieux ou mondains, avec le même esprit critique. Voilà ce ce que je tente, contre vents et marées, de faire à ma façon. Il est difficile de vous cacher que j’espère que les conséquences de mes livres seront comparables à celles qu’ont suscité les oeuvres des grands esprits dont je me réclame. Chaque auteur est un peu « mégalo », n’est-ce pas ? Mais s’il ne croit pas à son pouvoir de transformer les mentalités, qui le croira ? C’est en tout cas la raison pour laquelle le dernier chapitre de « Sarkozy, Israël et les juifs » s’intitule : « Pour une nouvelle nuit du 4 août », en référence à l’abolition des priviléges de la noblesse par la noblesse, en 1789. Comme Max Gallo, Dominique de Villepin ou François Bayrou, je pense que nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire. La France va bientôt trembler. Mon livre est préventif : ceux qu’il critique sont aussi ceux qui devraient s’en inspirer. À moins qu’ils ne soient prêts à affronter un nouveau 1793 ? Mais autant l’éviter, n’est-ce pas ?"
Souvenirs d'une autre mystification... : le saint suaire de Turin ! (réaction à l'émisson d'Arte, diffusée le samedi saint, 3 avril 2010).
Un faux saint-suaire de Turin réalisé en cinq minutes !
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Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences
Pour le magazine Science et Vie, deux scientifiques ont réalisé, avec les techniques du Moyen-Age, l'empreinte d'un visage sur une étoffe, reproduisant les caractéristiques du suaire de Turin, censé être le linceul de Jésus-Christ. Le secret : se servir d'un bas-relief.
Posez un tissu de lin mouillé sur un bas-relief. Appliquez-le soigneusement pour bien épouser les formes de la sculpture. Laissez sécher. Tamponnez le tissu avec de l'oxyde ferrique mélangé à de la gélatine, le premier est le colorant (rouge) et la seconde le liant qui fixe la teinture sur le tissu.
Le résultat reproduit étonnamment l'aspect du suaire de Turin. Les traits du visage conservent leurs proportions car il s'agit d'un bas-relief. Réalisée sur une tête, une telle empreinte produirait un visage déformé, avec élongation des pommettes. De plus, on obtient bien une image en négatif, qui a tant impressionné, surtout au 19ème siècle, après l'invention de la photographie, la photo en négatif de ce négatif donnant un saisissant positif.
Zeus et Mickey aussi
Jacques Di Costanzo, du CHU de Marseille, a réalisé cette expérience pour le magazine Science et Vie, qui publie un dossier dans son numéro de juillet, en utilisant un bas-relief réalisé spécialement par la sculptrice Renata Censo. Le 21 juin, au Museum d'Histoire naturelle, à Paris, Paul-Éric Blanrue a réédité l'exploit devant la presse.
"
J'en ai déjà fait une quinzaine, dont un masque de Zeus et un de Mickey, pour changer…" explique Paul-Eric Blanrue à Futura-Sciences, avant de préciser que le pionnier du genre est l'américain Joe Nickell et que d'autres ont réédité l'opération, comme Henri Broch, professeur de physique à Nice et directeur du laboratoire de zététique, la discipline qui étudie le paranormal avec des méthodes scientifiques.
La méthode est simple : "
On peut réaliser une image en cinq minutes !" affirme Paul-Eric Blanrue, qui a d'ailleurs prouvé ses dires devant la presse. De plus, elle utilise des outils et des connaissances dont on disposait au Moyen-Age.
Faussaires médiévaux
Pourquoi cette époque ? Parce que les analyses convergent pour situer au 14ème siècle la fabrication du suaire de Turin. En 1988, trois analyses au carbone 14 par des laboratoires du Polytechnicum (Zurich), de l'université d'Oxford et de celle de Tucson (Arizona) ont donné une fourchette précise : entre 1260 et 1390.
Cette datation colle bien avec la première mention de ce linceul, au 14ème siècle à Lirey, près de Troyes, une époque où fleurit une véritable industrie de la fausse relique.
Par ailleurs, le procédé de tissage implique selon Jean-Théo Flamme (ancien chercheur à l'Institut belge de recherche scientifique pour l'industrie et l'agriculture) l'utilisation d'un métier horizontal à quatre marches, inventé par les Chinois un peu avant le cinquième siècle et apparu au Moyen-Orient au sixième.
Historiquement, le débat semblait clos aussi : l'Eglise elle-même a déclaré qu'il s'agit d'un faux… Au 14ème siècle, Henri de Poitiers, évêque de Troyes, puis le pape Clément VII et enfin une enquête, diligentée par le roi de France Charles VI, ont conclut à une imposture. Le clergé a laissé vénérer l'objet mais en imposant que soit indiqué "
à haute et intelligible voix" que ce tissu n'était pas le linceul du Christ. Pourtant, quelques siècles plus tard, Paul VI et Jean-Paul II ont considéré ce linceul comme une relique authentique…
La controverse continue
Aux Etats-Unis, depuis les années 1970, une équipe de sindonologues (du latin sindon, linceul) s'appliquent à démontrer que le tissu est bien celui qui a enveloppé le corps du Christ. En janvier 2005, Raymond Rogers, chimiste à la retraite, qui a travaillé au Laboratoire national de Los Alamos (Nouveau Mexique), a analysé des fragments de tissu du suaire prélevés à l'aide de bandes adhésives et dans des échantillons datés en 1988. Alors qu'il trouve de la vanilline dans ces derniers, il n'en voit pas dans ses propres prélèvements. La vanilline se dégradant avec le temps, il en conclut que le tissu étudié en 1988 provient de pièces cousues plus tard pour réparer l'étoffe.
Ces résultats ont été très mal accueillis par d'autres spécialistes. Patrick Berger ou Jacques Evin (qui a participé à la datation de 1988) reprochent à l'auteur de ne pas dire d'où il tient ses fragments de tissu et d'utiliser cette datation à la vanilline, toute nouvelle, sans indiquer sa précision ni citer aucune référence. "
Les sindonologues ont des moyens, conclut Paul-Eric Blanrue. Ils continueront à remettre en cause les résultats concluant à une origine médiévale. Mais, même si les médias et le public apprécient le mystère, la vérité, c'est que la plupart des gens n'y croient guère et n'y accordent que peu d'importance…"
Vrai-faux suaire (vu en négatif) réalisé sous l'égide de Science & Vie par Paul-Éric Blanrue et Patrick Berger, le 21 juin 2005, au Museum d'Histoire Naturelle de Paris.
Pour aller plus loin :
Quelques liens :
http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=17862
http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=16890
http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=16890
http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/1787154/Suaire-de-Turin-parole-contre-parole.html
http://www.zetetique.ldh.org/suaire.html
http://www.zetetique.ldh.org/archeo_suaire.html
http://www.zetetique.ldh.org/suaire_rogers.html
Et déjà.... la censure !
http://atheisme.free.fr/Contributions/Censure_kto.htm
RÉAGISSEZ :
http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/malgre-l-emission-d-arte-du-3-72844#forum2506440
http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/malgre-l-emission-d-arte-du-3-72844#forum2506440
http://www.lepost.fr/article/2010/04/03/2018210_malgre-l-emission-d-arte-du-3-avril-le-suaire-de-turin-est-et-reste-une-imposture_1_0_1.html
Demain, tous en Islande ?
Terre d’asile pour la presse en Islande
2 avril par Woodward et Newton
http://www.bakchich.info/Terre-d-asile-pour-la-presse-en,10422.html
Une proposition de loi vise à doter l’Islande de la législation la plus avancée au monde en matière de protection de la liberté d’information. Ça pourrait déménager !
Pour l’Islande, le 2 août 2009 pourrait devenir une date plus importante que la création du Parlement en l’an 930.
Ce soir-là, le journal télévisé de la RUV doit faire des révélations fracassantes sur les agissements des dirigeants de la banque Kaupthing, l’une des trois banques nationalisées in extremis fin 2008 avant qu’elles n’entraînent la quasi-banqueroute d’un pays dévasté par la corruption de son secteur financier. Au lieu de cela, les téléspectateurs, consternés, apprennent que la Kaupthing a obtenu une ordonnance interdisant la diffusion du reportage.
Révolution
L’affaire, qui a provoqué un énorme scandale dans l’île de 320 000 habitants, est à l’origine d’une révolution en marche : dix-neuf des soixante-trois députés islandais ont déposé une proposition de loi visant à doter le pays de la législation la plus avancée au monde dans le domaine de la protection des libertés d’expression et d’information.
Le projet, baptisé Immi (Icelandic Modern Media Initiative), est ambitieux : attirer les ONG qui luttent pour la défense de la liberté d’expression, les éditeurs Internet, les groupes de presse, grands et petits. Bref, tous ceux qui, de près ou de loin, se consacrent à l’investigation et rencontrent des difficultés croissantes pour exercer leur métier.
Pour plusieurs journalistes anglais du Guardian confrontés aux dispositions liberticides de la législation anglaise en matière de diffamation, le constat est sans appel : que l’édition en ligne de leur journal soit réalisée à Londres, New York, Paris ou Reykjavik ne fait aucune différence pour le lecteur dès lors qu’il y trouve son compte. En revanche, un environnement juridique protecteur faciliterait grandement la tâche de la presse d’investigation, notamment en réduisant les coûts judiciaires. Ce type de délocalisation est déjà une réalité : notamment vers la Suède afin de bénéficier de sa remarquable loi sur la liberté de la presse. Autre exemple, celui de Malaysia Today, qui a fini par déménager aux États-Unis pour mettre un terme aux persécutions que le journal subissait.
Graal
Discrètement conseillés par des juristes comme l’ex-juge d’instruction Éva Joly et par des militants de la liberté d’expression tel Julian Assange, le fondateur du site Wikileaks.org, dont la spécialité est de révéler les documents que les gouvernements veulent cacher à leurs citoyens, les députés islandais sont partis à la pêche aux législations offrant la meilleure protection des sources et des dénonciateurs de scandales.
Au hit-parade de ce Graal journalistique, la loi belge de 2005 qui garantit notamment la confidentialité de la communication entre un journaliste et sa source. Les lois sur la liberté de l’information danoise et norvégienne de 1970 ont également été épluchées par les parlementaires islandais. Sans oublier la loi américaine dite USA Federal False Claims Act protégeant – enfin – les fonctionnaires fédéraux qui dénoncent les scandales dont ils peuvent être témoins.
Les descendants de Vikings semblent aussi avoir apprécié la New York Libel Terrorism Protection Act et la législation équivalente adoptée par l’Etat de Floride en juillet 2009, qui s’opposent à l’exécution de tout jugement d’où qu’il vienne, dès lors qu’il paraît contraire au premier amendement de la Constitution sur la liberté d’expression.
Le précédent Wikileaks
Julian Assange a longuement exposé aux Islandais le conflit qui l’a opposé à la Commission sud-africaine de la concurrence (Sacc) en décembre 2008.
À l’époque, la Sacc avait publié un rapport sulfureux de 590 pages sur une entente occulte entre les quatre principales banques du pays. Le rapport, qui n’avait pas été rendu public par crainte des réactions des clients grugés, s’était retrouvé sur Wikileaks. La Sacc demanda rapidement son retrait, injonction que le site déclina. Le gouvernement sud-africain déposa une plainte afin d’identifier et de sanctionner la source de la fuite.
En réponse, Wikileaks porta à la connaissance de la Sacc que si l’information judiciaire était ouverte, les enquêteurs sud-africains risquaient des poursuites pénales en vertu des lois belge et suédoise. Wikileaks avait en effet protégé la communication entre le journaliste et sa source par l’intermédiaire de la Belgique et de la Suède d’où le rapport avait été publié. Ces deux législations pouvaient donc être invoquées pour exiger l’arrêt de l’enquête et pour laisser planer de sérieuses menaces pénales à l’encontre des enquêteurs sudafricains en cas de visite dans les deux pays. Il faut croire que les avocats d’Assange furent convaincants puisque l’information judiciaire fut abandonnée et la source protégée.
Paradis
Nul doute que si son Parlement vote la proposition des dix-neuf députés en juin prochain, l’Islande deviendrait le premier paradis de la presse. Et pourrait voir rapidement s’installer sur son sol, la crème de la crème mondiale du journalisme d’investigation. Un cauchemar pour les tristement célèbres cabinets d’avocats britanniques qui prospèrent sur les décombres de plus en plus abondants du droit d’expression et d’information.
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